Dans Le Monde des ados 448, tu découvriras le témoignage d’Amine à Marseille, qui a dû quitter son immeuble qui menaçait de s’écrouler. Son histoire n’est pas si singulière comme le rappelle le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre, qui évalue à près de 4 millions le nombre de mal-logés en France.

Le mal-logement, c’est quoi ?

Avoir un bon logement, ce n’est pas vrai pour tout le monde. Tu ne le sais peut-être pas, mais certains ados dans ton collège n’ont pas forcément un « chez-eux » et vivent à l’hôtel, par exemple. Ou d’autres souffrent de manque de chauffage, de murs humides. Ou alors encore d’autres doivent quitter leur maison parce qu’il est trop dangereux pour y vivre, comme Amine à Marseille (lis son témoignage dans Le Monde des ados 448).

Le mal-logement est une notion utilisée par la Fondation Abbé Pierre qui établit chaque année depuis 25 ans un rapport sur la situation du logement en France. Cette fondation créée en 1967 par l’abbé Pierre, un prêtre qui a consacré sa vie aux plus démunis et qui a créé le mouvement Emmaüs, dénonce chaque année les injustices qui touchent notamment les familles, dont des ados.

Des situations inhumaines

Le mal-logement renvoie à un ensemble de situations compliquées vis-à-vis du logement. Elle concerne par exemple les personnes « sans domicile personnel » : les personnes sans abri bien sûr, mais aussi les personnes hébergées par un proche ou des amis ou vivant à l’hôtel.

Elle désigne aussi toutes les mauvaises conditions d’habitat : logements trop petits par rapport au nombre d’occupants, logements insalubres (infiltrations d’eau, murs rongés par la moisissure, mauvaises odeurs, etc.).

On parle aussi de mal-logement en cas de difficultés à accéder à un logement à cause de ressources insuffisantes ou d’offre de logement inadaptés (pas assez de petites surfaces pour les personnes seules, par exemple). Mais encore de difficultés à s’y maintenir comme payer le loyer ou l’électricité.

Combien de personnes sont concernées ?

La Fondation Abbé Pierre estime dans son dernier rapport publié le 30 janvier à près de 4 millions en France le nombre de personnes mal-logées. 902 000 sont privées de logement personnel. Et plus de 3 millions vivant des conditions très difficiles, parmi lesquelles 2 millions vivent dans des logements sans confort ! Par ailleurs 12,1 millions de personnes sont fragilisées par rapport au logement. Ce qui correspond à plusieurs situations : leur immeuble tombe en ruine, elles ne peuvent pas payer le loyer, les charges ou le chauffage, elles sont trop nombreuses à occuper le logement ou leur loyer est trop cher par rapport à leurs revenus.

Y-a-t-il des solutions?

Grâce à sa connaissance du terrain et au retour d’expériences positives, la Fondation a listé 15 mesures à prendre d’urgence pour résorber le mal-logement. À deux mois des élections municipales, elle interpelle ainsi les candidats. Car les maires sont en mesure d’agir. ils peuvent faire domicilier les personnes à la rue auprès des services sociaux municipaux : cela permettrait aux SDF de commencer à faire des démarches pour demander le RSA (revenu de solidarité active), chercher un emploi, trouver un hébergement.

La Fondation Abbé Pierre demande aussi que les personnes sans domicile soient prioritaires dans l’accès au logement, que les villes proposent des logements au loyer modéré. Actuellement, de nombreuses mairies de respectent pas la loi sur ce plan-là.

Enfin, la Fondation rappelle cette recommandation de l’abbé Pierre : « N’oublions pas que nous avons deux yeux. Il faut avoir le courage d’avoir un œil ouvert sur la misère et l’autre sur la beauté des êtres du monde. »

L’histoire de Félix qui vit dans une voiture Combi avec sa mère.

À lire, un de nos livres préférés de l’année 2019 : Partis sans laisser d’adresse, de Susin Nielsen, éd. Hélium.

Retrouve dans le MDA 448 le témoignage d’Amine, 17 ans, qui vivait dans un logement en péril à Marseille et a été obligé de déménager… en une heure.

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